Un dos qui lâche en plein soin, un accident, une intervention : pour une infirmière libérale, l'arrêt de travail n'est pas qu'un problème de santé, c'est un choc de revenu. Car contrairement au salarié, l'IDEL découvre souvent trop tard ce que sa caisse verse réellement — et surtout, à partir de quand. Voici le vrai tableau, chiffres officiels à l'appui.
Ce que verse la CPAM en cas de maladie
Depuis la réforme de 2021, les professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL — dont les infirmières via la CARPIMKO — bénéficient d'indemnités journalières maladie versées par l'Assurance maladie pour les arrêts de courte durée. Ces IJ interviennent après un délai de carence de 3 jours et sont calculées sur la base d'un revenu d'activité, dans la limite d'un plafond.
Mais ce dispositif a une borne : il couvre les arrêts jusqu'à 90 jours. Au-delà, le relais — bien plus modeste — est pris par la caisse de retraite, la CARPIMKO.
Le relais CARPIMKO : le vrai trou de couverture
Passé le 90ᵉ jour, l'IJ maladie de la CPAM s'arrête et c'est le régime invalidité-décès de la CARPIMKO qui prend le relais, sous forme d'une indemnité journalière forfaitaire. Son montant — de l'ordre de quelques dizaines d'euros par jour — est sans rapport avec le revenu réel d'une infirmière en activité, et conditionné à la reconnaissance de l'incapacité par la caisse.
Résultat : un arrêt qui se prolonge fait plonger le revenu, alors même que les charges du cabinet (loyer, cotisations, parfois remplaçant) continuent de courir. C'est ce décalage entre les indemnités versées et le revenu nécessaire qui constitue le trou de couverture de l'IDEL.
Ce que comble la prévoyance
Une prévoyance individuelle est conçue pour combler exactement ce trou. Elle complète les indemnités des régimes obligatoires pour maintenir un revenu proche de votre activité, selon les garanties souscrites :
L'indemnité journalière complémentaire
Elle s'ajoute aux IJ de la CPAM puis prend le relais quand celles-ci s'arrêtent, pour maintenir votre niveau de revenu.
Le choix du délai de carence
30, 60 ou 90 jours : vous calez le déclenchement de la garantie sur le moment où votre couverture obligatoire faiblit, ce qui ajuste le coût.
La garantie invalidité
Si l'arrêt débouche sur une incapacité durable, c'est elle qui prend le relais, là où la CARPIMKO reste forfaitaire.
La couverture des frais professionnels
Certains contrats indemnisent les charges fixes du cabinet (loyer, cotisations) pendant l'arrêt, un poste souvent oublié.
Quel revenu si vous vous arrêtez 6 mois ?
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Une protection dont le coût est allégé
Bonne nouvelle : les cotisations d'un contrat de prévoyance éligible sont en grande partie déductibles du bénéfice imposable via le dispositif Madelin (article 154 bis du Code général des impôts), pour les indépendants au régime réel. Le coût net de la protection est donc inférieur à la prime affichée.
Le bon raisonnement reste de dimensionner d'abord la couverture sur le trou réel — le revenu à maintenir et le délai de carence à choisir — puis de tirer parti de la déductibilité. Une prévoyance bien calibrée transforme un arrêt long, financièrement périlleux, en une simple parenthèse de santé.